120 km de silence : Pourquoi je pars seule affronter le Sahara

Demain, je décolle. Devant moi : 120 kilomètres de trek dans l’immensité du Sahara. Seule. Je ne pars pas pour fuir, ni pour cocher une case héroïque sur mon CV. Je pars pour marcher. Longtemps. Pour voir ce qui se passe quand le paysage s’efface et qu’il devient impossible de détourner le regard de soi-même.

À quelques heures du départ, je vous livre mes pensées, sans filtre et sans l’esthétique léchée d’Instagram. Juste la vérité d’avant le grand saut.

La part d’ombre : ce qui me tétanise

On ne dompte pas le désert, on s’y soumet. Et cette pensée me glace autant que le soleil va me brûler. Ce qui me fait peur ? C’est d’abord cette chaleur qui cogne, qui use et qui ne négocie jamais. Ce sont ces cinq jours de marche où mes mollets, qui n’ont pas vraiment été consultés pour la décision finale, vont devoir suivre le rythme.

Il y a aussi la solitude. Pas celle, confortable, où l’on « prend du temps pour soi ». Je parle de la solitude brute, celle où l’on n’a plus personne derrière qui se cacher. La dernière fois, j’avais ma sœur. Demain, je n’aurai que moi. Dans le noir absolu des nuits sahariennes, quand le silence devient assourdissant et que les distractions s’évaporent, je sais que tout ce que j’ai enfoui finira par remonter.

Et puis, il y a le paradoxe : j’ai peur que ce soit trop facile. Car si l’épreuve est légère, qu’est-ce que je suis vraiment venue chercher au fond de ces dunes ?

La part de lumière : ce qui me galvanise

Pourtant, malgré les ampoules (le sujet dont personne ne parle dans les conférences inspirantes, mais qui sera ma réalité demain), je sens ce frétillement familier dans mon ventre. Une joie enfantine, presque déraisonnable, qui sait déjà ce que ma tête essaie encore d’analyser.

Je ne suis pas masochiste, mais j’ai appris une chose essentielle : c’est dans l’inconfort que les choses se réorganisent. C’est en me taisant, en respirant la poussière et en alignant les pas que les vrais déclics se produisent.

Ce projet n’est pas « tiède ». Il est fou, il est vivant, il est vibrant. Il est cette étape nécessaire, cette traversée initiatique avant de dévoiler le grand projet qui m’anime déjà… mais chut, chaque chose en son temps.

Le désert m’attend

Je pars me rencontrer un peu plus, me recentrer beaucoup. Je reviendrai changée, c’est une certitude. Le désert ne laisse personne intact.

Et vous ? C’est quand la dernière fois que vous avez dit « oui » à quelque chose qui vous faisait un peu peur ? À cette idée qui bouscule, qui fait transpirer, mais qui, au fond, vous rappelle que vous êtes intensément vivant ?